Happy Slam

(Où est mon Père Noël ? )

Joyeux Noël mon frère, reçois mes meilleurs vœux !
Tu t’es bien éclaté ? Ça se passe comme tu veux ?

Je sais, je sais, tout ça c’est déjà du passé
Mais l’Reza c’est du genre à laisser se tasser

Les mouvements de foule, les fêtes, les grands-messes
C’est après seulement qu’il s’ramène les f…

Une fois retombées les paillettes, c’est son heure
Comme d’hab, le pli au front et pas vraiment d’humeur

C’est qu’il veut pas tellement la jouer comme tout l’monde
Genre « la vie continue, l’heure tourne, la terre est ronde »

Eh bien non, justement, ça tourne… pas vraiment rond
On vous prend pour des bœufs, ras l’bol d’être marron

Pendant quelques semaines on s’est bien énervé
A fond dans le shopping et bien d’autres corvées

Le Père No, d’puis longtemps, c’est d’venu l’VRP
Du commerce en tout genre. Y’a qu’à voir s’écharper

Autour de sa barbe toute la clique des marchands
Et d’autres boutiquiers plus ou moins s’rapprochant

Du business que tu sais. Chaque année c’est pareil
Du cadeau dernier cri j’en ai plein les oreilles

La FNAC, le Printemps, les Galeries Farfouillettes
Nous ont bien pris le chou, cassé les coucougn…

Noël… j’aimerais leur dire que c’est pas un champ d’foire
Où claquer son flouze, où s’empiffrer et boire

Que ce jour de Noël c’est un moment sacré
Un instant de recueil, de calme à consacrer

Aux proches, aux amis, à quelque réflexion
A un p’tit mot vers l’autre, à une bonne action

En mémoire de celui qui fit don de sa vie
Pour libérer les hommes par des homme asservis

C’est pas sûr que l’message soit vraiment bien passé
Que le genre humain ait bien pu se hisser

Au niveau supérieur ! L’animal reste obtus
Tout c’qu’a fait le Jésus ça me paraît f…

En lieu et place des cœurs chacun réchauffe sa carte
On s’dit qu’il faut raquer pour pas avoir l’air tarte

Du matin au soir à donfe c’est l’hystérie
La fière acheteuse est loin d’être tarie

Au rayon des consoles on s’en prend plein le dos
C’est à qui se chopera la nouvelle Nintendo

Du côté DVD, sur le thème way of life
C’est la ruée autour d’la Desperate Housewife

Ça part vite sur des kilomètres à la ronde
Pas sûr que demain y’en aura pour tout l’monde

Chez Surcouf où on court du netbook au portable
Je tiens jamais longtemps, je trouve pas supportable

De voir des grappes humaines scotchées à des claviers
Je file vers la sortie, j’me vois pas les envier…

Il me faut un peu d’air, chez moi j’bats en retraite
J’ai assez vu je trouve, j’me repose les mirettes

J’aimerais d’autres spectacles que ces tableaux lourdingues
Dès que j’peux je les fuis, je pars à toute berzingue

Pendant qu’on accumule et qu’on stocke à souhait
Les chambre de nos marmots ont l’air de dépôts d’jouets

On s’encombre d’un tas d’m… qui semblent indispensables
Bercés par la réclame d’un paquet d’marchands d’sable

Et puis c’est pas fini, après le réveillon
Noël se parcourt sur un autre rayon

Après le déballage, après la nuit tombée
Certains cadeaux repartent aussi sec sur e-bay

Eh oui, ça continue, y’a pas de p’tit profit
S’faire du blé à Noël en soi ça se suffit

Voici donc en deux mots les grandes occupations
Auxquelles on se livre avec tant de passions

Durant cette fête qu’on dit de fin d’année
S’il savait c’que ça donne Jésus serait pas né

Encore une fois j’affirme à tous les marchands d’soupe :
« Noël c’est pas pour vous, basta d’vos entourloupes

Si Noël peut s’acheter, parole de Persan
Aussi vrai que j’vous cause, j’emm… les commerçants

Ceux-là, la semaine d’après, idem ils récidivent
Pour se refaire du pèze sur l’année qui arrive

Alors à ces derniers, en guide d’Happy New Year
J’leur dis, sans tortiller, d’aller s’faire voir ailleurs

D’ailleurs je garde pour eux un slam dans les tuyaux
Rel’vé aux petits oignons avec tripes et boyaux

Le mot d’la fin c’est pour le faux bonhomme en rouge
J’veux qu’il sorte de ma vue, qu’il se tire, qu’il se bouge

Et toi, si comme Reza, t’en as ras la casquette
De cette usine à fric qui te joue des claquettes

Si t’en gardes pas vraiment un souvenir maous
Avec moi tu répètes « Just Fuck the Santa Claus ! »

Reza Afchar Nadéri
Paris, le samedi 1er janvier 2011

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