Événements

Décès de Simin Behbahani
L’Iran perd sa poétesse nationale

Simin Behbahani, figure de proue de la poésie engagée, personnalité féministe mondialement connue, consacrée par plusieurs prix littéraires internationaux, vient de décéder à Teheran à l’âge de 87 ans dans la nuit du 18 au 19 août 2014.
Ayant sombré dans le coma depuis plusieurs jours, elle souffrait de troubles cardiaques et les efforts des médecins pour la maintenir en vie n’ont pas abouti.
Simin Khalili, connue sous le nom de plume de Simin Behbahani, était la fille de Abbas Khalili, écrivain et poète, directeur de la publication Eghdam.
Descendante d’une famille progressiste, elle compte parmi ses ancêtres Mirza Hossein Khalili Teherani, l’oncle de son père, un des artisans de la révolution constitutionnelle iranienne.
Durant ces dernières années, malgré une cécité partielle résultant d’une mauvaise opération de l’œil, elles avait participé à des campagnes nationales de contestation telles que la collecte du « Million de signatures » du temps du président Khatami ou encore les manifestations contre le résultat des élections présidentielles de 2009 .
Le pays perd avec elle une grande plume combattante qui mettait sa poésie au service de la justice, de la condition de la femme et des aspirations populaires.
Parmi ses poèmes les plus connus figurent « Le luth brisé », « La trace de pas », « Le lustre », « La Résurrection » et « La lucarne vers la liberté ».
Photo : Mehran Afshar Naderi • http://akskhaneh.com

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Conférence à l’INALCO (Langues’O) le 21 novembre 2013 sur la grande poétesse iranienne Simin Behbahani

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Festival de poésie d’El Jadida au Maroc

Du 17 au 19 mai 2013 la ville pittoresque d’El Jadida au Maroc accueillait pour la première fois le Festival de poésie Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée, ayant vu le jour à Sète il y a plusieurs années.
L’événement a réuni 65 poètes et artistes de 24 pays au cours de 70 manifestations, déclinées en plusieurs langues, traduites en arabe et en français, devant un public constitué de connaisseurs mais aussi de simples amateurs et amoureux de poésie.
Le parc Mohammed V a fourni le cadre prestigieux de ce festival qui a rayonné autour d’une imposante tente caïdale, accueillant rencontres et signatures.
Le port d’El Jadida, au cachet architectural portugais, avec sa vieille citadelle et sa magnifique citerne, et la ville d’Azemmour où se sont tenus lectures et concerts sous le signe de la poésie sans frontière, représentent des cadres magnifiques à l’indéniable attrait touristique.
Reza, ayant déjà participé au festival de Sète en 2011, était présent lors de cette nouvelle édition outre-Méditerranée pour y lire une quinzaine de ses poèmes.

La tente caïdale, propice aux rencontres et signatures

La citadelle portugaise au cachet pittoresque face à l’Atlantique

La plage d’El Jadida, une promenade de choix sous un ciel ensoleillé

En compagnie de la poétesse Pilar Gonzalez España et de la chanteuse mezzo soprano et musicienne Roula Safar sur les fortifications de la vieille cité portugaise

La sublime citerne aux voûtes et arcades répétées à l’infini que l’on peut visiter dans la vieille ville portugaise

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Nuit d’exil

Un des 15 poèmes déclamés par Reza lors du festival d’El Jadida

Pour que jeunesse revienne
Ô patrie
Cimetières en exil
Villages en déroute
Sentiers oubliés des ermites
Prés désertés des troupeaux
Ta vie s’en va
Embrassée par la racine séchée des saules

J’ai bu l’eau de l’oubli aux clairières sans âge
Le coq ne chante plus sur les murs des jardins
Les femmes ne vont plus aux champs dans leurs robes en fleur
Ni ne dispersent au vent la balle blonde des blés
Les enfants nus attendent sur le bord des chemins
Les caravanes se sont évanouies dans le sel et le sable
L’amour est aujourd’hui aux couleurs de la chaux
Que l’on passe au seuil des noces répudiées
Les toits, l’été, sont vides des oiseleurs
La turquoise du ciel a vieilli avant l’âge
Et les dieux font pleuvoir du plomb sur les vergers

Il était une fois…
Non, refermons les livres
Faisons taire les conteurs
En cage les canaris
Ont brisé leurs ailes et les miroirs

Adieu Ami
La paille et la poussière ont recouvert les puits
On ne verra plus les amoureux ensemble
L’heure a sonné du Grand Oubli

Les paupières sont enceintes de nuit
Les fontaines ne prendront plus
Dans leur chant frais les rires des enfants

Oublie-moi
Toi tes regards noyés sous le ciel des corbeaux
Moi mon cœur meurtri au heurtoir de ta porte
Je ne sais plus qu’attendre
Du fond de mes automnes

Ô Patrie
Pour que jeunesse revienne

Reza AFCHAR NADERI
23 juin 2003

 

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